J’aurais voulu…

La partie n’est pas encore commencée, la soirée est tranquille au poste (probablement que c’est justement parce qu’il y a un match… pourtant, c’est la plein lune ce soir, non ?!) et je prends quelques minutes pour écrire un petit billet.

J’aurais bien voulu aborder la question du débat entourant la proposition du projet de loi 195 récemment mise de l’avant par la chef péquiste Pauline Marois… Et de la dénonciation publique hâtive et irréfléchie de la part des représentants de la Commission des Droits de la Personne… Mais non… C’est trop long, trop profond et trop lourd comme sujet.
J’aurais voulu aborder le sujet de façon historique, articulé autour du défi de survie que subit le Québec depuis la signature de l’acte de capitulation du 18 septembre 1759. Une nation francophone fière, unique de par sa richesse culturelle et celle de ses terres, prisonnière du contexte anglophone qui siège sur l’Amérique tel un pacha sur son harem!
Un Québec, frêle de par sa population limitée et la dilution de celle-ci dans une marrée de nouveaux arrivants complètement étrangers à sa langue, sa culture et sa cause.

J’aurais voulu dénoncer notre inertie en tant que peuple. Notre mollesse, et notre manque d’unité inter-générationelle. Notre mutisme face aux injustices que nous subissons en demeurant au sein d’un Canada-anglais corrompu et qui s’acharne à réduire le Québec au silence.
J’aurais voulu dénoncer tous ses nouveaux-venus qui se refusent à toute tentative d’intégration et qui continuent de voter sans connaître la véritable situation de notre vulnérable nation.

J’aurais voulu cracher sur cette tribune fictive et temporaire (la commission sur les accomodemments raisonnables) que nous accorde les gouvernements en place afin de faire taire les plus agités et de divertir les politiciens de salon qui ne se lèveront jamais pour aller voter.
J’aurais voulu dénoncer Dumont, petite personne qu’il est, notre girouette nationale, père de l’opportunisme politique, qui cherche désormais à préserver son statut de défenseur de l’identité québécois (le fanion de sa dernière campagne) en tentant de bûcher sur un projet de loi qui aurait très bien pu cadrer dans le courant actuel des idées de son parti, mais qui a (malheureusement pour son capital politique) été mis de l’avant par les gens du parti adverse, le PQ.

J’aurais voulu dénoncer ma génération, celle d’avant et celle d’après, complètement tournées sur elles-mêmes, indépendantes de toute cause identitaire, insouciantes des nombreux dangers qui guèttent notre identité nationale et notre indépendance idéologique. Générations individualistes, sans cause commune, sans courant directeur, perdues dans ses trop nombreuses options et libertés…
Mais je ne le ferai pas pour tout de suite… (!)
J’vous laisse là-dessus pour mieux revenir ce soir après ma relève! De toute façon, la game est commencée et c’est déjà 2 à 0!! Go Habs Go!
À plus tard!
PH!L


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